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Review | La Taupe

Cyril Letonnelier - 8 février 2012
#Jeux vidéo Review | La Taupe

Deuxième film du mercredi, La Taupe de Tomas Alfredson. Il ne s’agit pas d’un documentaire animalier ni d’un trait d’humour parce que le personnage principal porte de grosses lunettes, mais d’un film d’espionnage assez particulier. Ici, l’histoire nous entraîne à la recherche d’une taupe, allez comprendre un espion britannique qui ferait en fait du contre-espionnage. Le casting est soigné, le film dure un peu plus de 2 heures, autant vous dire qu’il va falloir s’assoir confortablement pour profiter du (presque) chef d’oeuvre.

1973. La guerre froide empoisonne toujours les relations internationales. Les services secrets britanniques sont, comme ceux des autres pays, en alerte maximum. Suite à une mission ratée en Hongrie, le patron du MI6 se retrouve sur la touche avec son fidèle lieutenant, George Smiley.
Pourtant, Smiley est bientôt secrètement réengagé sur l’injonction du gouvernement, qui craint que le service n’ait été infiltré par un agent double soviétique. Epaulé par le jeune agent Peter Guillam, Smiley tente de débusquer la taupe, mais il est bientôt rattrapé par ses anciens liens avec un redoutable espion russe, Karla. Alors que l’identité de la taupe reste une énigme, Ricki Tarr, un agent de terrain en mission d’infiltration en Turquie, tombe amoureux d’une femme mariée, Irina, qui prétend posséder des informations cruciales.

L’affiche plante le décor: Gary Oldman, Mark Strong, John Hurt, Toby Jones et Colin Firth dans un seul et unique long-métrage, que demande le peuple? La Taupe est l’adaptation « Tinker, Tailor, Soldier, Spy », roman de John Le Carré édité en 1974. Un livre à succès peut-il devenir un chef d’oeuvre cinématographique à tous les coups? Pas forcément et La Taupe en est l’exemple. L’intrigue magnifiquement ficelée tourne autour de Smiley (Gary Oldman) qui va devoir enquêter dans son ancien service pour trouver qui transmet des informations à la Russie. La où ça se corse, c’est que c’est une opération ultra-secrète où tout le monde et pendant ce temps là, les nouveaux dirigeants du service cherchent à se faire bien voir du gouvernement en avançant dans des directions parfois obscures.

Benedict Cumberbatch et Tom Hardy tiennent eux aussi des rôles majeurs dans un scénario des plus complexes. Ce sont les deux jeunes du film qui apportent de l’action à une oeuvre qui en manque. Il s’agit d’un superbe exemple de thriller basé sur la réflexion, pas sur l’action. Du coup la première demi-heure est plutôt longue et on se retrouve devant un film contemplatif où la magie du livre est restée dans ce dernier. Les décors soignés aux détails près et la qualité des prises de vue nous font oublier que le temps passe lentement, et plus l’histoire se démêle et plus on se sent perdu. Les scènes sans dialogue n’aident pas à tout comprendre, pour peu qu’on aperçoit mal l’acteur qui vient de passer et on a raté un élément crucial pour notre enquête. C’est ce genre d’exemple qui nous fait dire que le livre aurait mérité mieux. Pas que l’adaptation n’est pas réussie, au contraire, mais il faut se dire que parfois les films ne peuvent pas donner à l’écran les mêmes sensations que les livres.

Que dire de plus? Les acteurs jouent parfaitement bien, l’ambiance de la guerre froide est quasiment touchable par le bout des doigts et on est entraîné dans l’enquête avec une facilité déconcertante. Malheureusement, on trouve le temps long dès le début car on est un peu perdu (et pourtant, l’oeuvre originale ne mérite pas d’être raccourcie). Lâché sans direction, le spectateur ne pourra s’en remettre que sur ses réflexions personnelles pour venir à bout du film. Après la projection, une partie de la salle n’avait toujours pas compris comment on avait trouvé la taupe… Il n’en reste pas moins un film qui trouvera son public, vous pouvez vous laisser tenter si vous avez envie de vous accrocher à une histoire un tantinet complexe mais avec des bases solides.

  • Eine Simon

    Rien compris à ce film!



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