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Pause Musicale Rétro| Shadow of the colossus – Kow Otani

Guifou - 8 avril 2013
#Pauses musicales Pause Musicale Rétro| Shadow of the colossus – Kow Otani

Rentré instantanément au panthéon du jeu vidéo, Shadow of the colossus est une énigme. Un jeu empli de petits défauts, sur une ps2 mourante, et pourtant d’une puissance artistique hors du commun. Un jeu trouble au scénario volontairement évasif et marqué par un fort symbolisme, la solitude, la quête, le divin, sans tomber dans une approche Manichéiste. A l’instar des Okami, Ico, Beyond good and evil, il sera encensé par la critique mais loin d’avoir des ventes en conséquence.

Shadow of the colossus

2ème soft de la Team ICO après le jeu éponyme, shadow of the colossus reprenait plus ou moins les codes de cet univers, mais pas de façon explicite. Seuls quelques indices révélaient un léger lien, le reste laissant le fan à son imaginaire.

Un monde épuré de toute vie, excepté quelques organismes reptiliens, des espaces immenses et déprimants fortement marqués par la pierre. Le scénario est là encore on ne peut plus implicite, laissant penser aux terres d’un dieu maudis, autrefois habités. Le héros, Wanda, ou Wander à l’occidentale, amène le corps d’une jeune femme, Mono, dans un sanctuaire situé au centre du monde interdit. Une voix, Dormin, lui propose de ressusciter la belle en échange de la destruction des 16 idoles de pierre disséminées dans le temple, chose possible en tuant les 16 colosses du monde leur étant rattachés. Le jeune homme (et son cheval Agro) part ainsi défier les monstres un par un.

Le titre Japonais, Wanda to Kyozõ, littéralement Wander et le colosse, ou Wander et les colosses, est un peu plus parlant sur le jeu même si moins vendeur.

Particularité presque unique du gameplay, l’absence totale d’item et d’ennemis, excepté les 16 figures titanesques, rajoutant largement à l’aspect dramatique du jeu. Ces colosses justement sont de formes et de caractéristiques diverses, se répétant assez peu. Allant du bison à l’immeuble, du monstre lent et pataud à l’oiseau accro aux tonneaux, chacun possède ses propres points faibles et donc sa manière d’être vaincu.

Oniriques, magnifiques, les qualités artistiques du jeu explosent avec ces affrontements, jamais l’impression de gigantisme ne fut autant marquée à l’époque, la ps2 étant pourtant loin de rendre hommage au titre. Plus encore, le jeu amenait de façon nouvelle les notions d’exploration et de contemplation. Aucun objectif à proprement parler, il n’était pourtant pas rare de se perdre de longues minutes dans une plaine. Malgré ses qualités, bien peu ont réellement retourné le jeu et tenté les divers modes à débloquer. Sans doute l’un des titres rapprochant le mieux le jeux vidéo de l’art, Shadow of the colossus était marqué par son gameplay très perfectible, pataud, parfois à la limite de la frustration, que ce soit dans la relative lourdeur du personnage ou le maniement étrange et peu intuitif du cheval. Un point sur lequel l’autre grand titre artistique de la ps2, Okami, était une réussite.

Soundtrack

Un point  sera amené, probablement, à rester dans l’histoire, sa bande son quasi irréprochable. Monotone dans Ico, celle de SOTC servait parfaitement les alternances de calmes et les combats grandioses. Ce point est sans doute la plus grande réussite formelle du jeu.

Le compositeur, Kow Otani, trouvera là l’apogée de sa carrière. Très peu connu en dehors du japon, livrant des titres rarement exportés, il sera instantanément reconnu, à défaut d’être connu, avec ce jeu. Peu de faiblesses, cette bande-son se démarqua assez vite par sa cohérence. Difficile d’extraire un morceau phare du lot.

Presque exclusivement instrumentale, l’ost alterne les rythmes sans jamais devenir réellement calme ou martiale. Les pistes de même type servent rarement la même structure musicale, mais s’articulent autour d’une même ambiance, cela pour illustrer un nouveau monde (généralement les passages calmes) ou les affrontements (passages plus rapides ou plus angoissants). Les thèmes d’affrontements, bien qu’ils soient reconnaissables, sont ainsi très diverses, tantôt lancinant, très épique pour les combats aériens, parfois plus appuyés.

Une intro épurée, lignes de violon et des chœurs, une structure déjà atypique, annonçant déjà la couleur.

Symbolisant une deuxième phase de combat, le héros étant dans ces instants perché sur la tête du monstre, ce thème est le plus proche du morceau de combat classique.

Un des thèmes angoissants du jeu, associé à une zone de combat sans réellement se définir comme une musique de colosse.

The farthest Land est, malgré son aspect très naif et son apparente simplicité l’un des plus marquant pour le joueur, sans doute parce qu’il est étroitement lié à l’exploration.

Musique de quelques colosses, dont mon plus détesté, creeping shadow porte assez bien son nom. Réservé aux aires de jeux brumeuses, aux ennemis assez lents.

Probablement mon thème favori, illustrant, notamment, les combats aériens. Quiconque s’est attaqué aux colosses Phalanx ou Avion le comprendra d’autant mieux.

Thème unique et crépusculaire, celui du combat final (mais peut-être pas), il se détache par l’utilisation prépondérante des chœurs. Tout comme il commence, le jeu, du moins sa trame principale, ne s’achève clairement pas sous les trompettes de guerre.

The Sunlit earth conclut le jeu sur ce qui constitue le seul thème à peu près joyeux. N’en déduisez pas pour autant que l’épilogue soit heureux.

Deuxième et probable potentiel dernier jeu de la team ICO, Shadow of the colossus restera probablement le sommet du studio. Le très attendu Last Guardian endossant depuis plusieurs années le costume de l’Arlésienne, si bien que l’on préfèrerait, pour commencer, une sortie sur PS4.



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