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04 avril 2014 - 09h00

Preview | Child Of Light (Multi)

Des années entières à l’ombre d’un géant

Un Canadien songeait à un jeu plus marquant

En Lemuria il mis son âme, reniant poudre et fureur

Un hommage au Japon et une quête intérieure

Dessinant ses châteaux, ses forêts et son ciel

Il voyait les ténèbres, esquissait la lumière

Oui il y avait Ubi, réclamant sa gabelle

Mais il y avait Patrick, et ses rêves triomphèrent

Après bien des essais, quelques jungles plus loin

Et des lames d’assassins, il imposa son jeu

Une entreprise conquise exauça son vœu

Laissant ouvertes les portes de son royaume lointain

Naquit un conte à la croisée d’univers

Une fille et sa luciole lovées dans les nageoires

D’un monstre du secteur gorgé de billets verts

Qui laissait les deux anges, rimant sans le savoir

Tel un enfant on voit, on savoure, on s’émerveille

Une reine noire capture étoiles, lune et soleil

Child Of Light et son monde, sa quête

Bienvenue à Lemuria, j’ai envie d’une raclette (Insérez autre rime)

Moi à la manette pus voleter, 2 heures de miracle

Découvrir des tableaux, à la fois chauds et froids

Une merveille pour les yeux, étant sur PS4

Luciole, ailes, symbiose, la princesse Aurora

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Une approche en deux phases, flâneries et combats

Dans la seconde pourtant, préjugés arrivaient

Aversions légères, ces jauges qui se remplissaient

Dieu merci balayées par l’inspirant Grandia

Les yeux, le gameplay, et la divine mélodie,

Au son du silence le piano prend le relais

Il distille dans l’histoire son planant chant d’ennui

Brisée par quelques bribes d’entraînants hymnes guerriers

Patiente encore un mois, ami de la manette

L’enfant n’est pas sorti mais il a tout d’un maître

Un joyau faux-indé logé dans une galette

Un beau jeu annoncé pour l’Ubi du Québec

Preview en Prose

Vous n’avez rien compris ? Oui, normal. Tout est là faute de ce jeu : Child Of Light, amenant les rimes partout, dans sa narration et ses dialogues. Ce jeu de la trempe des Journey et des Machinarium. De ceux qui, après les avoir achevé, vous laissent un sourire à leur simple évocation. Vous savez, ce sourire de reconnaissance. Trop tôt pour dire s’il sera un vrai chef d’œuvre, mais il est pratiquement assuré en tous cas d’être au moins un bon jeu. Mais reprenons depuis le début, en prose. Le jeu vous resservira lui-même des vers jusqu’à plus soif.

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Aurora ! Lumière !

Child Of light c’est une étrangeté, un indépendant revêtant la cape rassurante d’un AAA, ou un AAA revêtant la cape bienveillante d’un indépendant. Qu’importe, il y a quelque chose de très fort dans ce jeu. L’amour des RPG et des contes à la Japonaise et du Folklore ancestral à l’Européenne, ainsi qu’une pincée de narration empruntée aux jeux récents.

A l’origine il y a Patrick Plourde, lead designer du très peu poétique Far Cry 3 et membre des 3 premiers Assassins Creed, ainsi qu’une équipe resserrée. Des étoiles dans les yeux, l’accent Québécois en signature, il présenta sommairement son petit bijou, quelque chose dont il rêve depuis plusieurs années maintenant : Child Of Light, un jeu en apparence simple mais bourré de références, de symboles et d’allégories : Un monde manichéen d’ombre et de lumière, le passage de l’enfance au monde adulte, etc…

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Premier point très intéressant et raison de la première partie de cet article : une narration tout en vers, plutôt bien écrite. Celle-ci, en plus d’un aspect poétique, apporte un rythme agréable sans être trop emphatique, des atouts manquants cruellement à l’essentiels des « Grosses » licences. Cela est valable pour la voix off, mais également au sein des dialogues. La structure de ceux-ci en devient ainsi très alambiquée mais vraiment agréable.

L’histoire nous plonge dans l’Autriche du 19ème siècle (pas pour longtemps). Aurora, jeune fille de duc, est frappé d’un mystérieux sommeil la plongeant dans un autre univers, Lemuria. Mais s’il est un monde de rêve, Lemuria est également privé de son soleil, de sa lune et de ses étoiles, tous dérobés par une reine devenue folle. Intrigue simple, il faudra récupérer les trois objets célestes et bouter la vilaine, en explorant à la fois les plus hauts sommets et les entrailles les plus enfouies.

Va, illumine, vole, et nous venge

Aurora commence son aventure seule, dans une 2D plateforme classique, aux mécaniques extrêmement simples. Très vite on rencontre Ingniculus, charmante luciole bleue tout en lumière, douée de parole et de répartie. Là commence véritablement l’histoire, Igniculus permet, en s’illuminant, énormément d’interactions. Ce petit avatar se contrôle via le stick droit, ce qui demande un temps d’adaptation, mais il est surtout possible de laisser la main à un second joueur. On ne sait pas encore si les apports de ce mode coop seront importants ou non, mais la promesse de partager une aventure aussi poétique à deux (insérer un gif de chatons et des cœurs) est plutôt unique.

Cerise sur le gameplay, Aurora peut rapidement voler. 2 petites ailes, la course et le saut ne seront plus que des souvenirs. Très bonne fluidité dans cette phase, rien à redire.

Hommage appuyé au J-RPG, le jeu est un 3D à la vue 2D façon scrolling différentiel, mêlant système d’XP, éléments de craft et améliorations, ainsi que des combats avec transitions. Pour ce dernier point, les monstres sont déjà sur la map, à vous de les surprendre ou de vous faire surprendre pour engager la transition vers un mode combat. Un point pour lequel je suis assez neutre.

Je n’aime pas particulièrement ces transitions, me rappelant trop un J-RPG n’en finissant pas de s’enterrer (argh, FFXIII, ARGH). Dommage, car Child Of Light réussit justement très bien cette approche.

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Les combats se déroulent autour d’un système façon ATB (jauge se remplissant) un peu évolué et plus tactique qu’il n’y paraît. Celui-ci est relativement proche du système utilisé dans le RPG Grandia 2 sur Dreamcast, Plourde s’en est manifestement inspiré en le rendant moins confus : La progression de votre jauge se fait jusqu’à un seuil critique, seuil dans lequel vous déciderez de l’action à effectuer. Une fois arrivé au terme de la barre, l’action se lance. Les ennemis partagent votre jauge, le but est donc d’arriver au terme de la zone critique avant eux. Petite subtilité, frapper un ennemi lorsque celui-ci est dans la zone critique bloque son action en cours, le ramenant très en arrière dans la jauge.

Pour vous aider, il faudra encore compter sur votre alliée luciole, laquelle, se plaçant sur tel ou tel ennemi, peut ralentir sensiblement sa progression dans la jauge. Un système très simple au départ, se complexifiant largement lorsque les ennemis se multiplient.

Beau comme une luciole

Graphiquement, le jeu partage le même moteur que le dernier Rayman. Très affinée, la patte a quelque chose de vraiment impressionnant, un des très rares jeux me laissant la sensation de sans cesse contempler un tableau. Une impression de travail au crayon et au pinceau, fourmillant de détails et de petites saletés, un rendu incroyablement poétique et vivant, lorgnant vers l’ancêtre Machinarium. Essayé sur PS4, il y a fort à parier que le jeu perde sensiblement sur PS3, Xbox 360 et Wii U. Pour info, Child Of Light sortira sur PC, PS4, Xbox One, Wii U, Xbox 360 et PS3, pour une quinzaine d’euros environ.

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La musique a quant à elle tout pour plaire. Se renouvelant très peu, marquée quasi exclusivement par un unique piano à la structure assez simple, on navigue de thèmes planants en thèmes planants sans jamais s’en lasser. On peut trouver la musique apaisante, triste ou mélancolique, mais peu de chance qu’elle laisse indifférente.

2 thèmes guerriers durant cette démo, un classique et un pour les boss, très réussi pour le premier, un peu moins marquant pour le second.

Dans les bémols ? Sans doute un peu trop de phases de combats, passage obligé pour un hommage aux J-RPG, mais tout de même. Une gestion des compétences et des objet pas forcément intéressante, mais rappelons que le jeu se veut accessible. Pour la durée de vie il est encore trop tôt pour le dire, idem pour la monotonie (aussi prenant après 20 heures ?) ou la rejouabilité du soft.

Alors que le jeu vidéo se scinde de plus en plus entre grand studios et projets indés, Ubisoft prend le contrepied en laissant Patrick Plourde développer en équipe réduite son projet atypique, mêlant la passion façon indé aux ambitions AAA. Peut-être pas le jeu qui réconciliera les 2 univers, mais à n’en pas douter un soft qui marquera son année… et pourquoi pas lancera une tendance. Une petite perle de poésie contemplative, la promesse d’une expérience intense, seul ou à deux.

Toutes les réponses le 30 Avril, enfant de lumière.



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Guifou Cyriloo w
Executive Editor @ Jeuxvideo.org and Generationmp3.com, founder @geek2thefuture, ex videogame journalist @ 20minutes.fr.

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